Le peuple Mapuche est un peuple autochtone de la région andine du continent amérindien. Il représente encore aujourd’hui près de 10% de la population chilienne. Originairement nommé Reche, ce peuple nomade était déployé de la côte pacifique à la côte atlantique, au nord de la Patagonie. Au terme d’une longue résistance à la colonisation, la couronne espagnole reconnaît par traités aux Mapuche un vaste territoire autonome. Dès lors sédentarisés, les Reche (hommes véritables) deviennent les Mapuche (hommes de la Terre). Au début du 19eme siècle, le territoire mapuche est annexé d’office aux républiques du Chili et de l’Argentine. S’ensuit des guerres ethnocidaires qui réduisent le territoire mapuche en un chapelet de réserves, lui-même progressivement spolié par les colons. Au Chili, une redistribution est tentée lors de la réforme agraire menée par Salvador Allende au moyen d’une politique de nationalisation des terres. Ces dernières tombent aux mains de la dictature pinochestiste qui autorise et incite leur accaparation par les grands latifundistes et les entreprises privées. Face à la privatisation de leur territoire et à l’exploitation intensive et destructrice de leur environnement par des entreprises forestières et énergétiques, les communautés mapuches procèdent, après la chute de la dictature de Pinochet, à des recours en justice pour faire reconnaître leurs droits territoriaux, culturels et cultuels. Aucun de ces recours n’aboutit à une solution définitive. Une mobilisation autonomiste et pacifique des communautés prend alors corps, laquelle est durement réprimée par les forces de l’ordre. Les entreprises saisissent la justice et obtiennent, à l’encontre des Mapuche, l’application des lois Anti-terroriste 18.314 et de Sécurité Intérieure de l'état 19.927 inscrites dans la constitution par la dictature militaire. L’emploi discriminatoire de ce cadre juridique d’exception permet, depuis 2003, la tenue de procès inéquitables qui interdisent aux inculpés mapuches tout recours au droit civil. Ces procès ont permis la prononciation à l’encontre d’autorités traditionnelles mapuches de peines d’emprisonnement «exemplaires», allant jusqu’à dix ans de prison. Onze Mapuche ont déjà été incarcérés dans des prisons d'état, une centaine est sous liberté conditionnelle, assignés à résidence ou contraints à la clandestinité.